Nos missions

Le Poisson sans bicyclette est un espace dédié aux personnes opprimées, exclues par notre société patriarcale, hétérocis normative, raciste et capitaliste. Un espace où les femmes, les personnes racisées, les personnes LGBTQI+ peuvent se retrouver, échanger, militer. Un groupe d’une trentaine de personnes bénévoles ont décidé de relever le défi et y proposent des activités festives, une bibliothèque féministe, des conférences, débats, concerts… dans le but de combattre les différents systèmes d’oppressions qui musellent notre société. L’association fonctionne en auto-gestion, selon des principes de gouvernance partagée, afin d’éviter la reproduction de hiérarchies et de captation de pouvoir.

Nos valeurs

Le Poisson sans bicyclette s’ancre dans un féminisme :

  • Constructionniste. Défend l’idée que les différences entre les hommes et les femmes sont principalement construites socialement et culturellement. Le genre, comme la race, est une construction sociale. En d’autres termes plus connus, « On ne naît pas femme, on le devient », comme l’a écrit S. De Beauvoir. Ce courant s’oppose à celui du féminisme essentialiste pour lequel hommes et femmes diffèrent par nature.
  • Multidimensionnel. Intègre le fait que même entre femmes nous vivons des réalités différentes car nous sommes dans une société patriarcale mais aussi classiste, raciste, validiste, homophobe, transphobe… Nous sommes conscient.e.s que nous sommes tou.te.s positionné.e.s dans ces systèmes, tantôt du côté du groupe dominant, tantôt du côté du groupe dominé. Nous luttons contre tous les systèmes de domination, dans le respect des stratégies des personnes opprimées tel que développé ci-après.
    • Solidaire. Attend des personnes issues des groupes dominants qu’elles prennent conscience des privilèges qui y sont associés, qu’elles déconstruisent leurs comportements oppressifs et qu’elles adoptent une position d’allié.e vis-à-vis des concerné.e.s. Nous entendons par « concerné.e.s » les personnes appartenant au groupe opprimé dans un système de domination.
      Être un.e allié.e signifie avant tout écouter, entendre la réalité vécue et ne pas parler à la place des opprimé.e.s. La réalité d’une femme noire n’est pas la même que celle d’une femme blanche, celle d’une femme valide que celle d’une femme non valide, celle d’une femme pauvre que celle d’une femme riche… La position d’allié.e signifie aussi lutter aux côtés des concerné.e.s selon les stratégies définies par celleux-ci. Cela implique notamment de respecter la non-mixité militante dans une perspective d’auto-émancipation.
    • Décolonial. Est conscient du fait que nous vivons dans une ancienne société coloniale construite sur l’esclavage et les discriminations raciales. La fin des colonies et des ségrégations officielles n’ont pas mis fin à une structuration raciste de la société. Le féminisme décolonial assume la continuité des discours et des pratiques qui structurent dans un rapport social le groupe des personnes blanches et celui des personnes racisées. Ce féminisme assume également que dans sa propre histoire, le mouvement des femmes blanches est lié à l’entreprise coloniale.
      En tant que groupe constitué en partie de femmes blanches, nous entendons déconstruire la blanchité qui nous accorde des privilèges dont celui de l’universalité. Nous nous rappelons que notre féminisme est situé, qu’il n’est ni universel, ni intemporel. Nous nous attachons à prendre en compte les spécificités de l’oppression des femmes racisées dans leur lutte et d’accepter d’être remises à notre juste place par celles-ci.
    • Pro-choix. Respecte les stratégies de toutes les femmes et les choix qu’elles posent dans un contexte patriarcal, raciste et capitaliste. Le choix de couvrir ou de découvrir leur corps, d’être mère ou non, de vivre leur sexualité comme elles le souhaitent… Dans les désaccords et les débats qui pourront se manifester au sein de l’association, nous attendons de chacun.e qu’iel respecte un principe de bienveillance et de non jugement.
    • Anticapitaliste. Envisage le capitalisme comme un système d’exploitation au sein duquel toute émancipation est impossible.

    NB: Nous utilisons la catégorie “femme” dans une perspective plurielle et nonessentialiste, comme classe sociale rassemblant des personnes subissant des expériences concrètes mais variées du sexisme.